jeudi 15 mars 2012

Les cordes sensibles – entrevue avec Marie-Pierre Arthur

C’est instantané, voire dangereux : dès la première écoute de l’album Aux alentours, réalisé par François Lafontaine et sorti le 7 février dernier, on a envie de sauter sur le téléphone pour organiser notre prochain road trip.

Un huitième de seconde. Voilà le temps qu’il faut pour se sentir à l’aise avec Marie-Pierre Arthur. Une simple poignée de main, puis déjà, on veut entendre son histoire.

Son besoin de nous la raconter s’est pourtant manifesté tard : « La première fois où j’ai eu envie d’écrire, je devais avoir 26 ans, c’est peu de temps avant mon premier disque. » À l’époque, elle était bassiste, notamment pour Ariane Moffatt et Stéfie Shock. « J’étais de plus en plus entourée de créateurs, puis il y avait une énergie là-dedans que je ne connaissais pas et qui m’attirait. Quand on s’est mis à brainstormer, quand le projet a commencé à exister, c’était incroyable la vitalité ! », s’exclame-t-elle. Une sorte de vitalité, c’est effectivement ce qu’on ressent en écoutant son dernier album. « Je voulais qu’on sente le fun qu’on a eu à enregistrer. »

La musique était la seule forme d’art qui puisse assouvir ce désir de création. « Je suis très auditive, c’est moins facile pour moi d’entrer dans un tableau par exemple, de me laisser emporter, malgré que j’y arrive de plus en plus. Je suis une hypersensible en fait, c’est souvent en sentant les gens touchés que j’embarque. Je suis toujours curieuse de savoir ce qui allume les gens que j’aime. » À l’inverse, elle plonge littéralement dans les chansons qui lui plaisent. « Quand ma mère me faisait écouter des ballades, à un ou deux ans, je pleurais si elles étaient tristes et j’étais excitée si elles étaient joyeuses. »

Commencer un projet, c’est ce qui semble le plus ardu pour Marie-Pierre. « J’ai tendance à procrastiner », avoue-t-elle. « J’ai besoin d’un deadline, de savoir que quelqu’un attend après moi. Je ne comprendrai jamais ce qui fait que j’ai autant de difficulté à me lancer, puisque j’ai tant de plaisir une fois que les premiers pas sont faits. » Toutefois, l’inspiration a ses caprices et certaines périodes de silence s’imposent. « Les silences sont importants pour moi parce que je réfléchis beaucoup, j’aime avoir du temps pour penser, pour refaire le monde dans ma tête. »

Bien qu’elle s’investisse à fond dans tout ce qu’elle entreprend, on ne ressent chez elle ni urgence ni pression. Elle aborde la question avec sagesse : « Avec Aux alentours, j’aime le feeling que je suis en train de monter tranquillement mais sûrement, puis j’aimerais le ressentir encore longtemps, c’est ce qui ferait que je n’aurais jamais envie d’arrêter. »

Tout, absolument tout dans cet échange était charmant, surtout ce constat, livré en toute humilité :

« Je ne serai jamais celle qui reçoit mon album. »

Dommage. Il faudrait vraiment qu’on lui raconte.

Quoi ? Aux alentours

Qui ? Marie-Pierre Arthur

Où ? Grand Théâtre de Québec

Quand ? Mercredi 4 avril

Article Miléna Babin le 13 mars 2012 | Impact Campus 

Crédit photo : Hubert Gaudreau

samedi 10 mars 2012

Nouveau clip de Marie-Pierre Arthur : Si tu savais


Voici un nouveau clip de Marie-Pierre Arthur, Si tu savais, tiré de l'album Aux alentours. Cette vidéo, réalisée par Gabriel Poirier-Galarneau alias GPG, nous transporte entre des plans magnifiques de pénombre et de couleurs vives en projection. 

Notons aussi que Marie-Pierre Arthur sera en spectacle le 16 mars prochain au Centre d'art La Petite Église de Saint-Eustache. Consultez le site officiel de la chanteuse pour obtenir le calendrier de ses concerts. 


Publié le 9 mars 2012 15:46 par Laure-Anne Lafrenière, Musiqueplus

lundi 27 février 2012

Une réussite sur toute la ligne

Critique : Marie-Pierre Arthur « Aux alentours »

Il y a des albums qui, comme Aux alentours, font du bien. Le deuxième album de Marie-Pierre Arthur, aux sonorités franchement indie folk, est tout simplement une réussite sur toute la ligne. Album fortement inspiré par les années 1970 (les premiers accords de Pour une fois semblent introduire… My Sweet Lord), Aux alentours est un album léger, lumineux, bien écrit à quatre mains (Gaële collabore encore une fois aux textes) et bien interprété.

Il faut d’ailleurs souligner l’excellent travail des musiciens qui accompagnent l’auteure-compositrice-interprète et qui lui confèrent ce son à la fois si familier tout en étant particulier. François Lafontaine, son chum et aussi claviériste de Karkwa, l’a aidée à la composition. Les guitares d’Olivier Langevin et la batterie de Robbie Kuster apportent un petit côté trash à l’ensemble, et on retrouve aussi, parmi les collaborateurs, Louis-Jean Cormier, Julien Sagot et José Major.

À souligner plus particulièrement, même si les dix pièces sont toutes excellentes : les 4-5 premières chansons sont absolument béton et forment une séquence qu’on ne peut tout simplement pas arrêter. All Right, avec son côté gospel, a une joie de vivre contagieuse. En fait, cet album est l’album d’une jeune mère heureuse, et ça paraît.

Alors? Il n’y a qu’une chose à ajouter : procurez-vous cet album. Il sera encore près du lecteur à pareille date l’an prochain. Parce qu’autant de bonheur sur une galette de plastique, on peut difficilement s’en priver.